Vendredi 10 juillet 2009
 

Que l’aventure déploie ses larges efforts au fond d’un placard (Monstres et Cie), dans une chambre à coucher (Toy story) ou des cuisines parisiennes (Ratatouille), Pixar a toujours eu le chic facile pour nous proposer de superbes voyages pleins d’énergie et de couleurs. Là-haut en est un à son tour, léger aussi bien sur terre que dans les airs, et partant d’un postulat effarant, délirant, surprenant : Carl, retraité pas très causant, s’envole avec sa maison (et un apprenti explorateur de 9 ans) vers l’Amérique du Sud pour tenir une promesse folle, réaliser un ancien rêve évoqué des années auparavant avec sa défunte épouse. Évidemment, rien ne va se passer comme prévu et, au fil de péripéties et de rencontres pixelisées, c’est le sens de l’existence, à ses prémisses ou sa presque conclusion, qui prendra toute sa valeur et toute son importance.

La douce poésie folle-dingue qui émane de l’ensemble est, assurément, la grande force du film. Contempler, voir, s’émouvoir d’un petit vieux tractant sa maison suspendue à des centaines de ballons est une jolie image éternelle à nos yeux étoilés, à nos zygomatiques déployés, et une jolie métaphore aussi de nos souvenirs, de notre passé que l’on trimbale avec nous et qu’il faut, parfois, savoir laisser derrière nous pour continuer à avancer et vivre simplement le présent.

Le second joker brillantissime de Là-haut provient de son quatuor improbable et hautement comique, sans doute le plus fantaisiste de la longue liste des personnages clownesques imaginés par ses grands enfants de chez Pixar : Carl, Russell, Dug et Kevin, soit un pépé ronchon, un jeune scout maladroit, un chien qui parle et un volatile invraisemblable. Une fine équipe un peu empotée mais vaillante face au danger, attachante et source de nombreux fous rires (Kevin imitant Karl en train de bougonner, irrésistible).

Autre élément essentiel (et immuable) de chaque long-métrage de Pixar, la poursuite finale, ici une bataille aérienne sensationnelle entre un gigantesque zeppelin et une bicoque brinquebalante. Point d’orgue d’une fable touchante à l’esthétique naïve et parfaite, entremêlant délicieusement action, humour et émotion (la petite larme n’est pas loin), acmé d’une tranche de vie plus vraie que nature parvenant à trouver un juste équilibre entre consensus moral et divertissement tout azimuté.

 

Sur LA-HAUT (UP) réalisé par Pete Docter et Bob Peterson (Etats-Unis, sortie le 29 juillet 2009).

 

Michaël Pigé.

- Publié dans : Cinéma contemporain - Communauté : Vos articles nous intéresse !
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Recherche

Dernières sorties

       

Retours critiques

     

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés